Que sont les teintures mères?
Une plante médicinale doit être préparée
Les plantes constituent la base de notre vie. Il est donc naturel que les plantes médicinales constituent la base de l’art de guérir. Certes, toutes les maladies ne peuvent pas être traitées uniquement avec des médicaments à base de plantes (ou phytomédicaments), mais les plantes font partie de toute thérapie globale, soit comme traitement de base, soit comme complément de traitement. En effet, seul un phytomédicament a le pouvoir de toucher l’être humain aux trois niveaux que sont son corps, sa régulation et son psychisme.
De plus en plus de gens acceptent de prendre leur santé en main et s’informent dans ce but sur l’utilisation des plantes médicinales. Beaucoup savent que le millepertuis illumine le moral, que le ginkgo améliore la mémoire, que l’aubépine renforce le cœur, que l’échinacée multiplie les défenses naturelles, que le chardon-Marie stimule le foie ou le marron d’Inde soutient l’irrigation veneuse. Certaines plantes médicinales sont même ancrées dans notre culture au point que presque chacun connaît les effets de la valériane, de la camomille et de l’absinthe. Karl Heinrich Waggerl a écrit un poème plein d’humour sur la camomille, qui est la plante médicinale par excellence.
Ce poème parle de la camomille en tant que telle. Pourtant, personne ne chercherait à soulager ses maux de ventre en mangeant telle quelle une fleur de camomille. Pour pouvoir utiliser une plante médicinale, celle-ci doit tout d’abord se voir conférer une forme adéquate, au terme d’un processus appelé préparation. Il y a diverses possibilités de préparation. Chacune d’entre elles a le pouvoir de transmettre certaines propriétés de la plante, mais aucune n’est à même de rendre toutes les propriétés. L’accent porte sur des aspects différents. Ce sujet n’étant pratiquement pas abordé par la littérature, nous nous efforçons d’opérer une différentiation des différentes préparations de plantes médicinales.
«Le Créateur a donné à la camomille la force de soulager les maux de ventre. Les camomilles fleurissent et attendent avec détermination quelqu’un qui souffre de maux de ventre. Mais l’être humain dans la douleur ne croit pas à ce qui est donné au premier venu. Il veut à tout prix des comprimés. Pour l’amour de Dieu, épargne-moi, implore-t-il, la camomille.»
Infusion
L’infusion (obtenue en versant de l’eau bouillante sur la plante) est la préparation la plus connue et la plus simple. Les parties de plante médicalement actives sont séchées pour être conservées – et pour permettre le développement des principes actifs! –, recouvertes d’eau chaude puis filtrées. Nous différencions trois principes actifs: information, énergie vitale, substances actives (principe actif matériel). Outre sa quantité de composant actif relativement importante, ce type d’extrait possède les vertus de l’eau chaude. Dans les cas aigus, une infusion a un effet rapide, et c’est la préparation optimale, surtout pour les maladies susceptibles d’être influencées positivement par l’apport de chaleur et de beaucoup de liquide.
Teinture
Les teintures sont des extraits hydroalcooliques de plantes médicinales séchées appelées drogues par les spécialistes (comme l’indique le sens étymologique de «sec»). En général, le rapport entre la drogue et la teinture est de 1 pour 5 en poids. De nos jours, les teintures sont peu répandues, on utilise bien plus souvent des teintures mères (voir ci-dessous).
Extrait
Les extraits – qui englobent les extraits fluides (liquides), les extraits concentrés (visqueux) et les extraits secs – sont des extraits à base de mélanges hydroalcooliques ou d’autres solvants. Ils sont plus concentrés que les teintures. Le rapport entre la drogue et l’extrait va de 1 pour 2 à 5 pour 1. Les extraits permettent d’administrer une grande quantité de composant actif par dose. Les préparations modernes de plantes médicinales, fortement dosées et standardisées, qui sont vendues sous forme de gélules ou de comprimés, contiennent la plupart du temps des extraits secs. Ces préparations sont passagèrement indiquées chez les patients dont les pouvoirs d’autoguérison sont affaiblis au point que les patients s’avèrent incapables de réagir aux thérapies de médecine complémentaire normales. Ces dernières, années, on a découvert de plus en plus d’effets secondaires et d’interactions avec les préparations d’extraits fortement dosés. Bien que ces effets indésirables soient la conséquence d’un trop fort dosage et ne surviennent pas si la dose est normale, ces incidents ont néanmoins des répercussions négatives sur la réputation des plantes médicinales.
Huile essentielle
Les huiles essentielles se composent des substances volatiles et liposolubles de la plante et sont la plupart du temps les supports de l’odeur. Elles sont en général extraites des plantes fraîches ou séchées par distillation à la vapeur ou par d’autres procédés. Les huiles essentielles sont des composants indispensables des pommades et autres formes d’application externes, dans lesquelles elles ont des fonctions olfactives et médicales. Souvent, elles sont aussi utilisées dans l’aromathérapie.
Élixir spagyrique
Les élixirs spagyriques s’appuient sur les traditions alchimiques et sont fabriqués selon des procédés compliqués à partir de plantes fraîches ou séchées. Il existe de nombreux procédés de fabrication plus ou moins différents les uns des autres comportant une ou plusieurs des étapes suivantes: processus de fermentation, distillation, incinération. Pour la fabrication d’élixirs spagyriques, la plante est soumise à une modification de son essence, une sorte de prédigestion. Ceci fait que les élixirs spagyriques sont très doux et pratiquement sans effets secondaires. Les élixirs spagyriques sont d’excellents produits pour l’automédication, ayant des effets doux et sûrs dans les cas de maladies aiguës et chroniques.
Teinture mère
Les teintures mères (désignées par le nom latin de la plante et le symbole Ø) sont en général fabriquées à partir des plantes fraîches – c’est là la différence essentielle avec les teintures – par extraction alcoolique. Au début des descriptions de plantes qui suivent, on trouve d’abord la partie de la plante à partir de laquelle les teintures mères sont fabriquées.
Les teintures mères sont à peu près deux fois moins concentrées en composants actifs que les teintures. Si le produit est de bonne qualité, elles ont néanmoins un effet plus fort que celles-ci. Les teintures mères sont utilisées en cas de maladies aiguës et chroniques, et c’est surtout en relation avec l’essence de la plante que l’on peut le mieux profiter de leurs vertus (voir ci-dessous). Les teintures mères sont également utilisées comme substances de départ pour la fabrication de dilutions homéopathiques.
Dilution homéopathique
Les dilutions homéopathiques sont fabriquées à partir de teintures mères (dans une proportion de 1 à 10 ou de 1 à 100) par dilution progressive et succussion (fait d’agiter le liquide). Pour les basses dilutions (jusqu’à environ D12), on a à peu près les mêmes effets et champs d’application que pour les préparations mentionnées plus haut. Pour les dilutions plus élevées, le spectre des effets, appelé pathogénésie, est plus nuancé et plus large. Les symptômes psychiques prennent aussi de plus en plus d’importance au fur et à mesure que la dilution augmente. Les plantes principalement utilisées sous forme d’infusion, d’extrait ou de teinture mère sont le plus souvent utilisées en basses dilutions. Les hautes dilutions sont en général fabriquées à partir de plantes toxiques ou d’autres produits médicinaux fortement personnalisés. Les dilutions homéopathiques ont un effet profond et durable et sont utilisées, en fonction de leur degré de dilution, dans les cas de maladies aiguës et chroniques. Les hautes dilutions sont dans un premier temps susceptibles de déboucher sur des aggravations.
Les propriétés des teintures mères végétales
Utilisation comme traitement des maladies physiques et fonctionnelles
Comme cela a déjà été dit plus haut, les teintures mères sont la plupart du temps des préparations à base de plantes fraîches. Leur champ d’application correspond largement à celui des infusions, extraits, élixirs spagyriques ou des basses dilutions. Les champs d’application détaillés plus bas dans les descriptions de plantes reflètent en général les connaissances actuelles sous forme de mots-clés. Ces informations sont souvent reprises de manière détaillée dans de nombreux livres et publications. Il est donc recommandé d’approfondir la connaissance des champs d’application des plantes médicinales par l’étude d’autres sources bibliographiques. L’objet principal du présent ouvrage n’est pas l’application selon des indications physiques données, mais la représentation de l’essence des plantes. Or il n’est pas anodin que cet inventaire soit fait dans le contexte des teintures mères.
C’est en effet dans les teintures mères que l’essence de la plante s’exprime le mieux
L’essence des plantes médicinales ne s’exprime nulle part aussi bien que dans la teinture mère, à condition toutefois qu’il s’agisse d’une teinture mère de bonne qualité.
L’essence des plantes médicinales s’exprime en premier lieu par l’odeur et le goût de la préparation. (La relation entre l’odeur et l’essence se manifeste par exemple dans le terme français huiles essentielles (appelées huiles éthériques en allemand). Seule la teinture mère peut contenir à elle seule l’odeur et le goût de la plante sous une forme parfaitement pure, à condition qu’elle soit de bonne qualité. Quant à l’huile essentielle, l’odeur s’y manifeste certes avec plus d’intensité, mais elle est dénuée de goût. Dans le cas des élixirs spagyriques, l’odeur a subi une transformation décisive de par la fermentation, et le goût ne correspond pas à celui de la plante originelle. Dans la dilution homéopathique, l’arôme est complètement absent de la préparation en raison de la forte dilution. Pour ce qui est de l’infusion, les composants gustatifs sont indiscutablement présentes, mais le séchage de la plante en rend l’odeur plutôt fade. Dans le cas de l’extrait, la concentration opérée au cours de la fabrication a fait se dissiper une grande partie de l’odeur; en outre, le goût et l’odeur sont totalement absents des présentations courantes (comprimés, gélules).
Ces considérations ne visent pas à dire quoi que ce soit de négatif sur aucune des préparations étudiées. Si, lors d’une phytothérapie (thérapie à base de plantes médicinales), il s’agit uniquement d’intervenir aux niveaux physique ou régulatoire (voir «Qu’est-ce que l’essence?»), le fait que certains des aspects essentiels soient absents ne constitue pas un défaut. Si, cependant, on a besoin de tenir compte de l’essence de la plante et de toucher directement le patient au niveau psychique, la teinture mère est la préparation appropriée.
Les teintures mères sont-elles des phytomédicaments ou des remèdes homéopathiques?
Les teintures mères sont parfois source de confusion, car suivant le point de vue – celui du droit pharmaceutique ou celui de l’utilisateur – elles font partie des médicaments phytothérapeutiques ou homéopathiques. Selon le droit pharmaceutique et les autorités, les phytomédicaments contiennent une quantité suffisante de composants actifs décelable à l’analyse. En revanche, les remèdes homéopathiques ne sont pas définis par leur teneur en composants actifs, mais par la conformité de leur mode de fabrication avec la pharmacopée homéopathique allemande (Homöopathisches Arzneibuch ou HAB). Dans les dilutions homéopathiques, les composants actifs sont présentes dans des concentrations tellement faibles qu’il est impossible de les mettre en évidence par analyse. Pour les remèdes homéopathiques, on admet d’autres principes actifs que les composants actifs (voir le chapitre «L’information, le principe actif homéopathique»). Les teintures mères sont fabriquées suivants les principes du HAB et constituent les substances de base de la fabrication des dilutions homéopathiques. C’est pourquoi elles font théoriquement partie des remèdes homéopathiques, bien qu’elles ne soient pas diluées. Sur l’étiquette, elles sont désignées par le terme de «médicament homéopathique».
Le point de vue du médecin ou thérapeute est tout à fait différent. Un phytomédicament (c’est ainsi que les spécialistes appellent les médicaments à base de plantes) est utilisé sur la base d’indications, tandis qu’un remède homéopathique s’emploie en fonction de la pathogénésie. Exemple: une préparation phytothérapeutique à base de valériane (infusion, teinture, extrait, etc.) est utilisée en cas de troubles du sommeil et d’états d’excitation parce que l’expérience ou des études ont montré que la valériane a une action apaisante. En revanche, une préparation homéopathique de valériane s’utilise en fonction de la pathogénésie. C’est ainsi que l’on appelle l’ensemble des symptômes qui se manifestent lorsque l’on teste de la valériane sur des personnes en bonne santé. Entre autres symptômes, ce test déclenche des états d’agitation. En conséquence, une préparation homéopathique de valériane en basse dilution peut – tout comme la préparation phytothérapeutique – être utilisée en cas d’états d’agitation. En fin de compte, c’est une question de point de vue, et cela revient au même. C’est surtout pour les hautes dilutions que la différence essentielle entre la phytothérapie et l’homéopathie joue un rôle important. A ces niveaux de dilution, les symptômes et modalités (y compris psychiques) pris en compte sont de plus en plus nuancés.
Tout comme les basses dilutions, les teintures mères sont la plupart du temps appliquées en fonction d’indications. C’est pourquoi leur utilisateur les classe dans la catégorie des phytomédicaments. Pour le thérapeute, seules les hautes dilutions sont véritablement des remèdes homéopathiques au sens strict.
Les teintures mères (et les basses dilutions) sont donc des phytomédicaments de par leur application, tandis que du point de vue du droit pharmaceutique, on les considère comme des remèdes homéopathiques.
Essence et qualité
Qu’est-ce que l’essence?
L’essence est le principe caché, le sens caché. C’est la force qui se cache derrière l’apparence. L’essence n’est pas perceptible pour les sens externes. C’est ce dont parle Antoine de Saint-Exupéry dans sa célèbre citation: «On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux.» Le cœur est un organe sensoriel intérieur permettant de découvrir la signification qui se cache derrière l’apparence. Si l’être humain s’appuie uniquement sur ses impressions sensorielles extérieures et sur sa raison, il est certes en mesure de comprendre les lois de la matière, mais pas celles de la vie. Dans son rapport à la matière, il sera donc capable de performances magnifiques, mais il fera souvent violence aux lois de la vie. Il est des lois suprêmes, qui dirigent et influencent les conditions matérielles, sans pour autant violer les lois physiques. Les lois essentielles de la vie, la raison et le sens cachés désirent être compris par notre cœur, désirent parler à notre âme. Dans le cheminement de son développement, l’être humain se trouve confronté à la tâche d’acquérir de la conscience à partir des forces et des lois cachées. S’il prend conscience de sa propre âme et de l’essence des plantes, des animaux et des choses, un monde nouveau s’ouvre à lui. Cette prise de conscience est de la plus haute actualité, comme le montre, entre autres, le vif intérêt que manifestent ces dernières années de nombreuses personnes pour les questions touchant à la psychologie.

Le sens caché nous parle, non pas de manière abstraite, non pas de manière médiumnique, mais concrètement, par les phénomènes perceptibles par les sens. On l’oublie souvent, car l’être humain tend à rechercher et produire les contraires. Nombreux sont ceux qui, autrefois centrés sur l’univers matériel, sentent poindre l’intuition des principes actifs spirituels et déplacent le point fort de leur vie sur l’univers immatériel. Ces personnes considèrent alors les phénomènes matériels comme quelque chose qui n’a qu’une valeur secondaire. Mais l’être humain est un être terrestre. Il a pour vocation de comprendre la loi spirituelle qui se cache derrière le phénomène extérieur, et il en a la capacité. C’est une chance que de pouvoir comprendre avec le cœur le fait que toutes les manifestations extérieures sont dirigées avec sagesse par une loi intérieure. Ces phénomènes sont l’expression, la manifestation de cette chose supérieure. Les formes de la vie et les circonstances extérieures sont comme les traces d’un être humain sur le sable. Un bon «déchiffreur de traces» sait interpréter les marques pour en déduire des informations sur l’origine, la vitesse, le rythme et le but de celui qui a marché sur le sable. C’est exactement dans ce sens que nous devons devenir des «déchiffreurs de traces». N’avons-nous pas appris à lire l’essentiel entre les lignes d’un livre, ni à entendre dans la voix et dans les gestes de celui qui parle la force essentielle qui agit derrière lui? De la même manière, notre cœur est capable de comprendre l’essence d’une plante à partir de sa forme, de sa couleur, de son odeur et de son goût.
Dans un médicament à base de plantes, on ne reconnaît plus du tout la forme de la plante et presque plus sa couleur. Il reste l’odeur et le goût, qui nous parlent. C’est une communication à double sens. Par l’odeur et le goût, nous avons accès à l’essence, et l’essence de la plante a également accès à nous. Elle veut nous toucher. Le cœur des choses naturelles cherche à toucher notre cœur, notre âme.
C’est le destin, le sens caché d’une plante médicinale que de rechercher à créer un pôle opposé par rapport à la personne (ou à l’animal) malade et ainsi de rétablir un équilibre. Ainsi, la plante recherche la maladie et accomplit son destin suprême en étant utilisée comme médicament. Au niveau physique, elle veut soutenir les fonctions affaiblies du foie, des reins, du cœur, etc., mais elle désire aussi être perçue en toute conscience et assimilée par nous. Dans le cas d’une plante transformée en médicament et par là même élevée à un niveau supérieur, c’est par le biais de l’odeur et du goût que ce processus est le plus probant. Étant donné que, comme cela a été dit plus haut, l’odeur et le goût ne peuvent être présents avec toute leur force que dans les teintures mères, ces dernières sont des préparations très importantes pour notre époque.
On pourrait à présent se poser la question suivante: sachant qu’il existe aussi des préparations sans odeur et sans goût, comme par exemple les dilutions homéopathiques (hautes dynamisations), les fleurs de Bach ou d’autres préparations énergétiques ayant des effets indéniables sur le psychisme, ceci n’est-il pas en contradiction avec les principes énoncés ci-dessus? S’il est tout à fait vrai que les préparations mentionnées ici ont des effets sur le psychisme, ceci ne se fait pas directement par la conscience, car la conscience est rendue possible et aiguisée par la perception des sens. Sans nos sens, nous n’aurions pas de conscience. Les remèdes mentionnés ont des effets sur le psychisme par l’intermédiaire du système régulatoire. La régulation est l’instance suprême dirigeante de l’organisme qui régule tous les processus biochimiques et matériels. Elle est aussi en relation immédiate avec le psychisme, elle joue le rôle d’intermédiaire entre le corps et le psychisme. Ces préparations ont donc un effet indirect – par le biais de la régulation – sur le psychisme, alors qu’une teinture mère a des effets sur le psychisme par la perception des sens et la conscience – autrement dit, elle a des effets directs sur lui. L’influence directe crée un enrichissement de la conscience.
Pour mieux comprendre ce qui se passe, nous nous aiderons de la comparaison suivante: si, suite à une expérience douloureuse, quelqu’un souffre et se retrouve dans un état de profonde perplexité, on peut l’aider de manières différentes. La personne peut par exemple trouver des conseils et du réconfort dans un livre et se ressaisir. Les pensées positives de ses proches peuvent également lui être utiles. Mais si un ami est physiquement présent, qui lui prodigue conseils et réconfort par un sourire encourageant, la chaleur de son contact et des paroles affectueuses, alors, ce n’est plus seulement une information qui passe, mais aussi une énergie qui permettra à celui qui souffre de se relever de façon beaucoup plus efficace. Mais surtout – et c’est là l’essentiel – sa conscience, son âme a reçu de la chaleur.
Dans l’utilisation de teintures mères de bonne qualité, l’essentiel est la transmission d’une qualité de chaleur. Grâce aux forces naturelles de guérison, un phytomédicament perceptible par les sens a le pouvoir de prodiguer de la chaleur à notre conscience, à notre âme.
La relation entre l’essence et la qualité
Aujourd’hui, pour beaucoup de personnes engagées dans la vie professionnelle, la notion de qualité est omniprésente: assurance qualité, gestion de la qualité, contrôle de la qualité, certification ISO, etc. La qualité peut se définir à différents niveaux. Fondamentalement, on désigne par le terme de qualité l’ensemble des propriétés essentielles d’un produit. Mais la conception de la qualité varie en fonction de ce que l’on considère comme essentiel. Pour les notions que nous venons de mentionner, il s’agit de la garantie de la qualité extérieure, qui peut se vérifier à l’aide de méthodes de mesure chimiques et physiques. Il s’agit alors d’une qualité mécanique et fonctionnelle définie sur le plan matériel. Dans nombre d’entreprises, l’attention se concentre toute entière sur cette qualité extérieure.
Cependant, il existe une qualité intérieure, que l’on ne peut pas évaluer par des méthodes physiques ou chimiques. La qualité intérieure a un lien direct avec l’essence. En effet, c’est par la qualité intérieure que se manifeste l’essence. La qualité intérieure est le rayonnement d’un produit, sa vivacité, sa chaleur intérieure. C’est par le biais de la qualité intérieure que la conscience peut se mettre en relation avec l’essence. Voici un exemple de la différence entre qualité extérieure et qualité intérieure: un morceau de musique peut être joué par les interprètes sans aucune faute et avec virtuosité mais être sans âme et vide. Il ne nous émeut pas, parce que nous n’y percevons qu’une enveloppe sonore extérieure habitée par peu de contenu. A l’inverse, des interprètes pourront tout à fait s’offrir le luxe de quelques petites fautes sans que cela ne soit perçu comme gênant, pour autant qu’ils jouent le morceau avec toute leur âme. Nous vibrons avec eux, et leur musique nous émeut, parce que la force intérieure de la musique résonne entre les sons. On peut déduire de ceci que si l’aspect extérieur doit être acceptable, il ne doit pas nécessairement être parfait. Ce qui est plus important que la perfection, c’est l’âme intérieure, car elle seule est à même de nous transmettre le message essentiel de la musique.
La qualité intérieure d’une teinture mère s’exprime par la pureté de son odeur et de son goût, autrement dit en ceci qu’elle ne contient aucun élément de destruction. Ceci n’est possible qu’en évitant les processus de fabrication destructifs et que si les fabricants travaillent avec une compétence de spécialistes et avec amour (pour en savoir plus, rendez-vous «La fabrication de teintures mères ayant une qualité intérieure»).
La compétence de spécialistes constitue la condition de base de la qualité elle-même, et le travail fait avec amour est quant à lui le terrain nourricier de la qualité intérieure. Quand la qualité se réduit aux propriétés extérieures, il y a un décalage entre l’intérieur et l’extérieur. L’essence intérieure ne peut plus passer vers l’extérieur, ce qui veut dire que le produit perd son rayonnement, sa chaleur. La perte de la qualité intérieure entraîne aussi une perte croissante de la relation des collaboratrices et collaborateurs à leur produit, et au final une perte de leur motivation. Or au fur et à mesure que se perd la motivation des collaboratrices et collaborateurs, la qualité extérieure commence à baisser, et c’est au prix d’un effort financier et administratif immense qu’on réussit peu ou prou à la préserver. Le travail dégénère pour ne plus devenir qu’un processus mécanique particulièrement sujet à erreur, qui doit être soutenu par des mesures d’assurance qualité. C’est la raison pour laquelle la compétence de spécialiste et l’amour (la motivation, l’identification avec son travail, le soin qu’on y apporte) vis-à-vis des ouvrages sont la meilleure garantie de qualité intérieure mais aussi extérieure.
Importance de la qualité intérieure pour l’être humain
Tous les produits peuvent avoir un rayonnement, présenter une qualité intérieure. Plus les matières premières qui composent un produit sont vivantes (plantes médicinales, plantes alimentaires, textiles naturels, bois, pierres naturelles, métaux), plus le rayonnement de ce produit peut être fort. Un ouvrage en bois (par exemple une table) a lui aussi – s’il est fabriqué dans les règles de l’art et avec amour – un rayonnement. Plus les matières premières sont vivantes, plus la qualité intérieure est importante. Mais quelle importance ceci a-t-il pour la personne que de se nourrir de produits alimentaires de haute qualité, de s’entourer de produits de qualité et de prendre des préparations à base de plantes médicinales de haute qualité?
Quelqu’un qui ne soucie pas d’avoir des produits de grande qualité intérieure peut tout à fait être en mesure de faire des prouesses intellectuelles et physiques. Mais le sens de l’essentiel et le sens de la vraie beauté et de l’art sont perdus. L’absence de qualité conduit à une sclérose du corps et de l’âme, à un état d’esprit matérialiste. En revanche, la qualité intérieure apporte à l’être humain, par le biais de ses sens, des forces de vie et de conscience. Elle débouche sur un «réchauffement» de la conscience, sur la faculté d’identifier la beauté et de la créer.
Fabrication et qualité
La notion de qualité de la science et des autorités
La phytothérapie exclusivement orientée vers la science ainsi que les autorités en charge du contrôle des médicaments définissent la qualité d’un phytomédicament par sa teneur en composants actifs et par l’absence d’impuretés. Ils considèrent les composants actifs comme la seule source d’efficacité d’une plante médicinale et de sa préparation. Ils partent du principe que la force de l’effet est donc une question de quantité et de résorbabilité (la manière dont les composants actifs sont assimilées par l’organisme). Cette supposition, qui s’appuie sur l’hypothèse que seules la matière et les forces physiques connues aujourd’hui existent réellement, débouche inéluctablement sur l’idée que les phytomédicaments contenant de grandes quantités de composants actifs sont aussi ceux qui ont les meilleurs effets. Les entreprises pharmaceutiques qui partagent cette croyance ont donc fortement concentré les extraits de plantes (extraits secs) afin d’enfermer autant de composant actif que possible dans un seul comprimé ou dans une seule gélule. Afin de compenser les fluctuations de la quantité des composants actifs liées à la récolte, les extraits sont réglés pour avoir une teneur constante, c’est-à-dire normés ou standardisés. Ainsi sont apparues des préparations à base de plantes médicinales à fort dosage, standardisées, et qui aspirent à dominer le marché.
Face à cette croyance scientifique, on a les faits suivants:
- La prise de 20 à 30 gouttes d’une teinture mère par jour permet d’administrer 10 à 20 fois moins de composants actifs qu’avec une préparation fortement dosée.
- Les teintures mères sont des phytomédicaments éprouvés et efficaces. Leur efficacité est plutôt plus forte que celle des préparations fortement dosées (l’auteur l’a d’ailleurs démontré dans une étude clinique et pharmacologique).
- On peut en déduire que les composants actifs ne sont pas les seuls facteurs d’efficacité.
L’information, le principe actif homéopathique
Les médicaments homéopathiques contiennent des quantités tellement faibles de composant actif qu’il faut nécessairement postuler que leur efficacité, qui est prouvée, repose sur un principe actif immatériel. On parle à cet égard d’information. On sait que les liquides aqueux ont la capacité de mémoriser des informations biologiques. Il existe une hypothèse selon laquelle cette mémoire est liée à la structure intérieure de l’eau. Il ne sera pas possible d’approfondir cette question dans le cadre du présent ouvrage. Les personnes intéressées trouveront une abondante littérature sur ce sujet.
L’information: un principe actif important aussi pour les teintures mères
L’information est aussi un principe actif essentiel pour les teintures et pour les teintures mères. On peut dire que l’information est importante pour tous les phytomédicaments non concentrés. Cependant, dès qu’un extrait végétal est épaissi (comme c’est le cas pour la fabrication d’extraits secs par évaporation du solvant), le principe actif immatériel, l’information, est perdu. Il en va de même pour l’information que pour le spirituel, qui s’inscrit dans un rapport de polarité vis-à-vis du matériel: le spirituel a besoin de liberté, d’espace, d’ouverture. Plus un état est compact, matériel, étroit et fermé – ceci s’applique à de nombreux niveaux – moins il y a de place pour le spirituel. Par exemple, une personne entièrement centrée sur le matériel (argent, objets et santé physique) a tendance à perdre sa relation au spirituel. En se concentrant sur les composants actifs matériels, on a certes d’un côté un renforcement de l’effet relevant du matériel, mais on perd de l’autre le principe actif immatériel. Or il est probable que le gain ne suffise pas à compenser la perte. Les teintures mères contiennent quant à elles un équilibre entre les principes actifs matériels et immatériels.
L’importance du temps pour la fabrication de la qualité intérieure
L’essence, la qualité et le temps sont étroitement liés. Imaginons la situation suivante: nous désirons ou devons accomplir diverses tâches en un laps de temps beaucoup trop court. Autrement dit, dans ce laps de temps, nous devons faire plus que ce qui est réalisable à un rythme de travail convenable, à notre propre vitesse. Nous nous dépêchons, nous nous pressons et nous stressons. Si nous sommes attentifs à notre milieu, nous percevons dans notre poitrine une sensation d’étouffement, d’angoisse. Quelle en est la signification? Notre âme ne peut plus respirer au rythme correspondant à son essence, nous étouffons. Dans une telle situation, nous ne sommes plus vraiment capables d’aller vers d’autres avec toute notre âme. Notre véritable essence n’est donc plus clairement perceptible pour les gens qui nous entourent, nous avons perdu de notre qualité intérieure.
Ce que tout être humain qui vit de façon plus ou moins consciente est capable de ressentir sur lui-même est une loi importante, applicable dans toutes les circonstances où l’on a affaire à la vie et à des êtres vivants: l’essence, le spirituel se manifestent dans le rythme. Il suffit de penser au rythme du battement de cœur et à celui de la respiration. Les processus rythmiques stimulent la qualité du spirituel. Mais ceci n’est vrai qu’à condition – et c’est capital – que le rythme s’inscrive dans un domaine bien précis. Les processus de travail ont aussi leur propre rythme. Un rythme de travail trop rapide, mais aussi trop lent, a des répercussions négatives sur notre qualité de vie et sur la qualité intérieure des produits que nous fabriquons.
Mais nous ne vivons vraiment pas à une époque où nous sommes menacés par les dangers d’un ralentissement. De nos jours, tout doit aller vite, car on désire accomplir ou produire autant de choses que possible en peu de temps. Ceci provient de notre désir d’augmenter le profit, car, dit-on, «le temps, c’est de l’argent». Pourtant, plus les produits fabriqués possèdent un aspect vivant, voire animé, plus les technologies d’accélération ont des répercussions négatives importantes sur leur qualité. Pour la fabrication de vis ou de clous, par exemple, on ne peut rien objecter contre l’utilisation de machines ultra-performantes. En revanche, pour les produits vivants comme les produits alimentaires ou les préparations à base de plantes médicinales, toute technologie d’accélération mène à une baisse de la qualité intérieure.
De tout temps, il y a eu des fabricants de produits de première qualité conscients de ces implications. Un bon meunier sait que les céréales moulues lentement (si possible avec une meule de pierre) donnent une farine qui se conserve plus longtemps et a plus de goût. Un bon boulanger sait qu’en pétrissant la pâte lentement et intensément, en la laissant lever lentement et sans agent d’accélération, il obtiendra un pain à l’odeur indicible. Un maître-chaix qui produit du vin d’excellente qualité sait que les raisins ne doivent pas être transformés à l’aide de machines qui fonctionnent trop vite, qu’il ne faut pas accélérer la fermentation et que le vin a besoin d’un temps de maturation. Un fromager sait que le fromage à pâte dure a lui aussi besoin d’une période d’affinage. Un fabricant de véritable aceto balsamico tradizionale di Modena sait que seules des années de maturation dans des fûts de bois permettent d’obtenir la qualité véritable. Et le menuisier ou le charpentier ont conscience de ce que seul le bois qui a séché lentement, c’est-à-dire naturellement et sans accélération par séchage artificiel, permet de fabriquer des produits de haute qualité. On pourrait trouver une infinité d’exemples de ce genre, car il s’agit d’une loi de la vie applicable à tous les niveaux.
Or que savent les fabricants de médicament à base de plantes?

La fabrication de teintures mères ayant une haute qualité intérieure
La connaissance du mode de fabrication optimal des teintures mères végétales s’est en grande partie perdue. La transformation originelle des plantes médicinales en teintures mères a été définie par Samuel Hahnemann, le fondateur de l’homéopathie. C’est à la main que celui-ci coupait les plantes, les broyait au mortier et les écrasait, en extrayait le jus et les stabilisait à l’aide d’esprit-de-vin. A son époque, il n’y avait pas d’autres possibilités de broyer les plantes et d’en ouvrir les cellules. Tout comme pour la fabrication des produits alimentaires ou d’agrément, avec l’avènement des technologies d’accélération de la production, le savoir-faire artisanal fut progressivement abandonné. C’est ainsi que le laborieux broyage au mortier fut remplacé par l’usage du hachoir. Plus tard, la coupe manuelle fit place à des machines à couper rapides comme le coupe-herbe et le broyeur de végétaux. Avec ces machines, les plantes sont transformées et écrasées tellement rapidement que depuis de nombreuses décennies, déjà, on a renoncé à employer le hachoir.
Contrairement à la fabrication de produits alimentaires pour lesquels on a assisté à des évolutions similaires, dans le cas des teintures mères, aucun artisanat traditionnel n’a été conservé pour la fabrication de produits de qualité. Pour les produits alimentaires et de consommation, l’aspect du plaisir gustatif a permis la conservation d’un bon artisanat traditionnel. Les gens ne veulent pas renoncer au bon vin, au bon thé, au bon pain, au bon miel, etc. C’est ce qui explique que se soit préservée la connaissance des secrets de leur fabrication. En revanche, pour les phytomédicaments, il ne s’agit pas de plaisir gustatif, mais d’effet curatif. En découvrant les composants actifs végétales, on a oublié qu’il existait aussi des principes actifs immatériels. On a cru que la qualité intérieure n’avait aucune importance pour l’effet curatif. Ceci explique que pendant de longues décennies, il n’y ait eu aucune entreprise de fabrication disposée à produire et à vendre des teintures mères de haute qualité, autrement dit des teintures mères ayant de l’odeur et du goût. (Certes, il y eut quelques entreprises qui produisaient de petites quantités de teintures mères de haute qualité, mais celles-ci servaient uniquement à la production de dilutions homéopathiques.) L’attention des fabricants se concentrait surtout sur les composants actifs. On transformait les plantes avec des machines rapides, sans se douter que ceci pouvait justement constituer un problème. Pourtant, un bon observateur aurait pu constater qu’au fur et à mesure que la taille des machines augmentait, c’est-à-dire au fur et à mesure que la production s’accélérait pour permettre d’économiser du temps et de l’argent, les teintures mères perdaient de leur efficacité. Pour compenser cette perte d’efficacité, les teintures mères durent être dosées de plus en plus fortement. Des 3 × 5 gouttes utilisées à l’origine, le dosage augmenta progressivement pour en arriver aux 3 × 20 à 3 × 30 gouttes couramment recommandées aujourd’hui. Cette expérience – dont malheureusement seules de rares personnes tirèrent les bonnes conclusions – montre que la qualité intérieure, l’essentialité, qui se manifeste par la pureté de l’odeur et du goût, est un principe actif. Contrairement aux produits alimentaires et de consommation, il ne s’agit pas d’un plaisir gustatif, car celui-ci n’est pas pertinent pour les teintures mères, mais l’essentialité a un effet direct. Soit dit en passant, la qualité des produits alimentaires – consommés avec modération – n’est pas seulement source de plaisir gustatif, mais constitue aussi une nourriture spirituelle (voir «Importance de la qualité intérieure pour l’être humain»). Si la qualité intérieure manque, l’essence de la plante n’est plus en mesure de parler par le biais de la teinture mère, et alors, des facteurs curatifs extrêmement importants sont perdus, de sorte que cette perte doit être compensée par une augmentation des quantités de composants actifs. Ou assiste alors à un déplacement des principes actifs d’énergie vitale au profit des principes actifs matériels. Il va de soi que la qualité thérapeutique du produit ne peut être rétablie par la compensation matérielle de cette perte d’essence. La qualité thérapeutique ne se réduit pas aux effets physiques, mais englobe aussi l’effet spirituel d’un produit.

De nos jours, on a été obligé de redécouvrir un mode de fabrication de teintures mères respectueux de l’essence. Les principes fondamentaux en étaient connus: coupe à la main et broyage au mortier. Mais il a également fallu redécouvrir que ces processus permettaient véritablement d’obtenir une qualité considérablement meilleure et donc une meilleure efficacité.
Dans les explications que nous avons données jusqu’ici, nous nous sommes penchés sur les différents inconvénients que la technologie était susceptible de présenter pour la qualité intérieure. Ceci ne veut pas dire que nous ayons voulu critiquer la technologie en tant que telle, mais uniquement les technologies d’accélération. Le facteur temps est la condition élémentaire de la formation de la qualité intérieure. Lorsque la technologie est utilisée pour gagner du temps et de l’argent, elle entraîne dans les produits vivants une perte de qualité essentielle. Pourtant, la technologie peut aussi être utilisée avec des effets positifs, pour améliorer la qualité. La conche en est un bon exemple. En 1879, Rodolphe Lindt découvrit que le malaxage lent de la masse de cacao pendant plusieurs jours dans une espèce de grande cuvette, procédé appelé conchage, permettait d’obtenir une amélioration de l’arôme éclipsant tous les succès antérieurs en matière de chocolat. Cette découverte est à la base de la notoriété mondiale du chocolat suisse.
C’est en considérant la machine à conchage historique à l’occasion d’une visite dans la fabrique de chocolat de Lindt & Sprüngli, qu’il m’est venu à l’esprit l’idée lumineuse pour la transformation des plantes médicinales. C’est ainsi que fut mis au point un broyeur à mortier capable d’écraser les plantes en les préservant encore mieux qu’à la main. Dans le mortier manuel, en effet, les plantes sont exposées à l’air et risquent de s’oxyder. Le nouveau broyeur à mortier moud les plantes tout en les protégeant par l’alcool qu’on leur ajoute. Après avoir fabriqué les premières teintures mères à l’aide du broyeur à mortier, on s’est aperçu qu’avec celles-ci, le dosage faible qu’on avait à l’origine, comme à l’époque de Hahnemann, était amplement suffisant. (Au début, juste après la découverte du principe homéopathique fondamental, la loi de similitude, Hahnemann travaillait avec des teintures mères.)
Pour la fabrication de teintures mères ayant une haute qualité intérieure, on appliquera les critères résumés ci-après (considérant comme allant de soi l’ensemble des critères de qualité émis par la science et les autorités de contrôle de médicaments concernant les matières premières, l’hygiène, les salles de production et le suivi écrit des processus de fabrication):
- Haute qualité des matières premières (si possible issues de la filière culture biodynamique)
- Pas de technologies d’accélération (pas de machines à couper rapides, d’agitateurs, de pompes, de centrifugeuses, etc.)
- Broyage des plantes si possible dans un système fermé
- Entreposage des teintures mères achevées de façon à permettre la maturation
Pour tous ces critères extérieurs, il ne faut pas oublier que l’amour et le soin doivent être au centre de toute étape de travail. Ceci est peut-être le critère de qualité le plus important, car l’amour du travail avec les plantes nous donne une intuition intérieure de la manière dont la plante doit être transformée. L’amour est la base de la communication avec les plantes médicinales et de la connaissance de leur essence.
L’application des teintures mères essentielles
Les différentes qualités disponibles sur le marché
Les dosages indiqués dans les descriptions de plantes ci-dessous sont valables pour les teintures mères de haute qualité intérieure fabriquées conformément aux quatre critères ci-dessus. Elles seront ci-après désignées par le terme de teintures mères essentielles. Si l’on utilise des teintures mères habituellement vendues dans le commerce, les dosages doivent être multipliés par 7 à 10.

Le pharmacien ou droguiste sait quelles entreprises travaillent selon les critères mentionnés.
Les monographies indiquées ci-dessous comprennent aussi quelques produits combinés et dilutions. Il s’agit de mélanges de teintures mères et de dilutions avec lesquelles les auteurs ont fait de bonnes expériences.
Utilisation selon les indications phytothérapeutiques
Comme tout autre phytomédicament, les teintures mères essentielles peuvent être utilisées en réponse aux indications connues des plantes en question. En outre, de nouvelles applications spécialement destinées aux teintures mères essentielles ont fait leurs preuves et ont donc été reprises ici. Vous trouverez dans les descriptions des plantes au chapitre «Champs d’application» une liste des indications possibles classées par mots-clés.
Utilisation conforme à l’essence
Une utilisation conforme à l’essence ne consiste pas toujours à prendre en compte les aspects spirituels. Il est bien plus important que l’étude de la description de l’essence débouche sur l’établissement d’une relation vis-à-vis de la plante. Cette relation crée un lien grâce auquel les forces curatives de la plante sont plus à même d’avoir de l’effet. Le médicament a alors non seulement des effets au niveau physique, mais il génère aussi un réchauffement de la conscience.
A quoi ressemble l’effet physique des teintures mères essentielles?
Dans les teintures mères essentielles, l’essence de la plante s’exprime, ce qui peut avoir des effets au niveau psychique. Cependant, les effets ne se manifestent jamais de manière inéluctable, comme c’est par exemple le cas pour les plantes médicinales toxiques. L’essence des plantes non toxiques – ce sont en effet les seules qui servent à la fabrication de teintures mères essentielles – est toujours douce et ne limite pas la marge de liberté de l’âme. Au contraire. L’effet psychique ne doit pas être compris comme l’équivalent d’un effet physique. Les symptômes physiques peuvent être atténués ou supprimés par une teinture mère, mais pas les symptômes psychiques. Les causes des maladies se trouvent au niveau psychique, car chaque maladie a une cause liée à l’âme ou à l’esprit, que cette cause soit individuelle ou collective. Une cause de maladie liée à l’âme ne peut pas être supprimée à l’aide de médicaments, elle peut tout au plus être déplacée. Les constitutions psychiques ou les modèles de pensée et modèles affectifs intégrés par une personne et générateurs de maladies ne peuvent être supprimés que de l’intérieur. Tout d’abord, il s’agit de prendre conscience des causes (souvent au prix d’une souffrance psychique ou physique), ensuite, la personne concernée doit être prête à changer. L’effet principal que l’on peut attendre d’un phytomédicament essentiel est de soutenir le processus de prise de conscience et de consoler, de prodiguer de la force psychique. Le soutien apporté par les forces essentielles de la plante médicinale peut élargir l’espace de liberté intérieur pour un certain temps, ce qui est susceptible de générer une nouvelle impulsion curative.
La guérison véritable passe toujours par un travail sur soi débouchant sur l’acceptation. Une teinture mère essentielle peut donc contribuer à cette prise de conscience dans la mesure où elle affine la capacité de perception de la problématique psychique qui est à la base de la maladie. Du reste, il a été montré que de par leur richesse en force vitale, les phytopréparations essentielles soutiennent et stimulent également l’intuition et la confiance dans les propres forces curatives intrinsèques.
Deux possibilités d’utiliser les teintures mères essentielles
Il y a donc deux possibilités d’utiliser les teintures mères essentielles:
- Utilisation uniquement en fonction des indications physiques connues
- Utilisation en fonction des indications physiques et de l’essence de la plante
La première possibilité d’utilisation est la plus simple et la plus répandue. On cherche une plante médicinale capable d’atténuer les symptômes physiques existants, sans tenir compte de l’essence de la plante. Ceci est très simple et fonctionne dans la plupart des cas.
Pour la deuxième possibilité d’utilisation, on tient compte, en outre, de l’essence de la plante. Ceci est indiqué notamment dans le cas où pour une même indication, il existe différentes teintures mères essentielles. Par exemple, les descriptions de plantes ci-dessous mentionnent différents remèdes capables de soutenir la fonction rénale: mais quel est le remède idéal? Pour le déterminer, la connaissance de l’essence de la plante peut s’avérer utile. On choisit la plante avec l’essence de laquelle on a une relation intérieure. Cependant, il est important de remarquer que dans les questions psychiques, il faut toujours s’attendre à avoir de la polarité. Ceci signifie qu’une relation existe non seulement quand l’essence d’une plante correspond à notre propre état psychique mais aussi lorsque l’on a le sentiment intense de n’avoir strictement aucune relation vis-à-vis de cette plante. La répulsion montre aussi bien que l’attraction que l’essence de la plante a une correspondance en nous.
Les teintures mères essentielles se distinguent nettement des fleurs de Bach, qui sont principalement utilisées dans le cas d’indications psychiques. Les teintures mères essentielles sont des médicaments au sens propre et ont une forte relation avec notre corps. Elles ne doivent donc pas être utilisées sans qu’il y ait indication physique.
Il va de soi que la meilleure efficacité d’une teinture mère essentielle est obtenue par la deuxième utilisation, autrement dit dans les cas où l’essence et les indications de la plante correspondent à la situation psychique et aux symptômes physiques du patient.
Posologie
On ne redira jamais assez l’importance de bien doser les teintures mères essentielles. Il est important de bien évaluer le patient quant à sa capacité de réaction. Si celle-ci est connue, il peut être soigné avec un dosage adéquat.
La posologie moyenne est de: 3 fois 3 gouttes par jour.
Les gouttes se boivent de préférence dans un peu d’eau et en salivant bien.
Elles doivent être prises une demi-heure avant ou une heure après le repas.
Si l’on prend plusieurs produits, il y a des différentes possibilités. L’idéal consiste à prendre chaque médicament trois fois par jour en respectant un intervalle de 15 minutes entre chacun. Si ceci n’est pas possible pour des raisons tenant à l’organisation, on peut aussi prendre la dose journalière complète en une fois. Les différents médicaments doivent alors être pris à différents moments de la journée.
Si la capacité de réaction du patient vis-à-vis des phytomédicaments n’est pas connue, il est recommandé d’administrer les gouttes très progressivement. Pour ce faire, prendre d’abord 3 fois 1 à 2 gouttes par jour et – si l’effet recherché ne s’est pas manifesté – augmenter la dose après chaque semaine d’une goutte par semaine. La troisième semaine, on peut arriver à 3 fois 3 à 4 gouttes. Il est également possible de répartir le nombre total de gouttes en deux prises quotidiennes.
Les enfants réagissent en général très bien et très rapidement à l’administration de phytomédicaments. L’expérience montre que pour les enfants de deux à dix ans, un dosage de 3 fois 1 goutte par jour est souvent suffisant.
Les teintures mères essentielles peuvent aussi être administrées avec succès chez les nourrissons.
Afin d’avoir toujours un dosage aussi faible que possible, procéder comme suit: on prend un pot en verre à couvercle, on le remplit d’eau et on met une goutte de préparation dedans. Refermer ensuite le pot et le balancer un peu. On prendra quotidiennement trois fois une cuillerée de ce mélange (ne pas utiliser de cuillère métallique), en veillant à bien saliver en avalant, puis on jettera le reste. Répéter cette procédure chaque jour.
Durée de la prise
En cas de troubles aigus comme la toux, les maux de gorge, etc. prendre la teinture jusqu’à disparition des symptômes.
Les produits destinés à améliorer l’irrigation sanguine ou l’activité cardiaque, à savoir le marron d’Inde, l’aubépine, le ginkgo ou encore le millepertuis (herbe de la Saint-Jean), ne doivent pas être administrées quotidiennement pendant plus de trois mois. Il faut toujours garder à l’esprit que les plantes médicinales activent les forces d’autoguérison, autrement dit stimulent notre médecin intérieur. En faisant faire une pause de trois semaines au bout de trois mois, il est possible d’observer pendant cette période comment le corps réagit et de constater s’il a changé et le cas échéant comment. On peut ensuite prolonger la prise. Pour les produits caractérisés par un arôme fort, il faut bien s’observer pour savoir si cet arôme est agréable ou si on le perçoit au contraire comme répulsif. S’il tel est le cas, il convient de rechercher un produit dont l’effet va dans le même sens mais dont le profil gustatif est plus agréable. Un exemple: marron d’Inde et mélilot. Il y a cependant une exception: les produits amers comme l’absinthe, la centaurée ou la gentiane, qui par leur amertume permettent de surmonter quelque chose.
Chez les personnes âgées, il n’est souvent plus possible de stimuler le corps durablement. Une prise du remède (p. ex. ginkgo) sur plusieurs années est alors indiquée. Chez les personnes âgées, les préparations favorisant le sommeil doivent être alternées fréquemment pour éviter toute accoutumance. Ainsi, par exemple: houblon le premier jour, valériane le deuxième et lavande le troisième jour.
Aggravation des symptômes en début de traitement et hyperréactions
Les médicaments homéopathiques ou à base de plantes peuvent d’une manière générale provoquer une aggravation des symptômes en début de traitement. Ceci signifie que les symptômes existants peuvent passagèrement s’aggraver ou que de nouveaux symptômes sont susceptibles d’apparaître. Il s’agit d’un effet secondaire de la stimulation des forces d’autoguérison.
Si une aggravation des symptômes ou une hyperréaction apparaît en début de traitement, arrêter aussitôt la prise de produit. On reprendra alors la thérapie trois à quatre jours plus tard avec un dosage inférieur.
Les aggravations des symptômes en début de traitement peuvent être atténuées ou évitées en administrant les préparations de façon très progressive. Si une aggravation se manifeste néanmoins, on peut partir du principe qu’il s’agit d’une hyperréaction. On peut ensuite procéder comme décrit au chapitre «Posologie» pour les nouveau-nés.
Effets secondaires
Aucun effet secondaire des teintures mères essentielles n’est connu. (Les exceptions sont mentionnées dans les descriptions des plantes.)
Grossesse et allaitement
Les teintures mères essentielles peuvent être administrées tout au long de la grossesse suivant le faible dosage indiqué. (Les exceptions sont mentionnées dans les descriptions des plantes.) Étant donné que beaucoup de femmes sont plus sensibles durant leur grossesse et réagissent de façon plus perméable, il est très important d’administrer le produit de façon très progressive (cf. ci-dessus).
Alcool
Le faible dosage des teintures mères essentielles présente l’avantage de limiter considérablement la prise d’alcool. La quantité d’alcool par dose est par exemple inférieure à celle que l’on absorbe en buvant une gorgée de jus de raisin.
Que faire en cas d’absence de réaction?
L’absence de réaction est possible, même si le médicament a été correctement choisi ou utilisé dans une optique purement phytothérapeutique. Nombreuses sont les personnes qui n’ont pas la capacité de réagir. En stimulant le foie et/ou le rein, c’est-à-dire en procédant à une désintoxication de quelques semaines de ces organes, il est possible de nettoyer le terrain et de le préparer. On pourra ensuite à nouveau commencer une thérapie avec la préparation choisie. Un exemple: prendre 3 fois 3 gouttes par jour de pissenlit ou de chardon-Marie pendant trois semaines. Administrer ensuite la préparation choisie de façon très progressive.
Les expériences traumatisantes du passé sont souvent une cause de l’absence de réaction. Elles peuvent être traitées par le géranium herbe-à-Robert. Le géranium herbe-à-Robert peut aussi être utilisé comme déclencheur de réaction ou utilisé comme «préparateur de terrain». Le lierre terrestre peut être utilisé pour préparer le corps au traitement proprement dit ou en cas de manque de réaction.
Interaction avec d’autres médicaments
Ces interactions ne sont généralement pas à craindre lorsque l’on prend des teintures mères essentielles. Les teintures mères essentielles peuvent aussi être prises en même temps que des médicaments naturels ou chimiques sans pour autant perdre leur efficacité. Important: avant une opération, il ne faut généralement pas prendre de phytomédicaments (à l’exception des dilutions homéopathiques), qui risquent de diminuer l’efficacité des anesthésiants.